
Les clients réguliers du restaurant La Socca à Montréal, où Hugo Martineau est sous chef, savent bien que s'ils souhaitent manger quelque chose de spécial, ils n'ont qu'à commander la salade de canard.
Le mélange de diverses laitues, de fruits, d'une cuisse de canard et de vinaigrette sucrée est toujours populaire, déclare Hugo - particulièrement auprès de la moitié des clients.
« Toutes les femmes l'adorent », déclare t-il en riant. « Un plaisir coupable, le meilleur des deux mondes. »
Pour Hugo, 25 ans, un des six jeunes chefs qui relèvent de Wayne Murphy dans le cadre du programme culinaire du Pavillon du Canada à l'Expo 2010 à Shanghai, c'est dans la cuisine qu'on retrouve le meilleur de TOUS les mondes.
Hugo travaille dans des restaurants depuis l'âge de 16 ans, peu de temps après avoir commencé à aider son oncle Mario, un excellent cuisinier, à perfectionner sa sauce spéciale à côtes levées pour les compétitions de barbecue familiales.
Comme premier emploi, Hugo a été laveur de vaisselle dans un petit restaurant de Québec, ville dans laquelle il a grandi. Il ne lui a fallu que six mois pour être promu au poste d'aide cuisinier, avant de travailler, à 17 ans, au grill d'une franchise d'East Side Mario's.
Le stress associé à la prise de décisions rapides et au rythme de travail échevelé pour remplir les commandes est ce qui enflamme la passion d'Hugo.
« Je me sens vivre lorsque je travaille », indique t-il. « Dans ma vie personnelle, je suis un gars assez calme, mais dans une cuisine, je suis très différent. Je parle plus, je suis un peu fou - j'ai confiance en moi. »
Cette confiance lui est profitable, car il prépare une table d'hôte qui est toujours bien présentée. « Les gens aiment manger non seulement avec leurs bouches, mais également avec leurs yeux », dit-il.
Hugo est toujours poussé par son fort désir d'approfondir ses connaissances et, après trois ans d'études en gestion d'un établissement de restauration au Collège La Salle à Montréal, il souhaite faire l'expérience de la scène internationale. C'est ce qui l'a attiré au Pavillon du Canada à Shanghai.
« Il s'agit d'une bonne occasion de travailler et de voyager en même temps - c'est la situation idéale », souligne t-il.
Même s'il adore la poussée d'adrénaline qu'il ressent dans une cuisine grouillante d'activités, Hugo, dans ses temps libres, préfère se relaxer en faisant de l'escalade ou en pêchant. Il aime particulièrement faire cuire ses prises, ou encore préparer un tartare de truite ou de saumon.
Même s'il est grand amateur de hockey, Hugo souligne qu'il n'est pas assez bon pour représenter le Canada sur la glace - mais il est heureux de pouvoir le faire dans la cuisine.
« Pour moi, aller en Chine, c'est ma médaille d'or », conclut-il.